Angel of Babylon & The Wicked Symphony: la nouvelle arnaque de Tobias Sammet…

Avantasia, c’est un peu comme un nouvel album de Nightwish avec Tarja: tout le monde veut encore y croire, mais à moins d’être sourd ou de totale mauvaise foi, il est difficile de trouver un quelconque intérêt aux nouvelles compositions de Tobias Sammet, aussi lisses et insipides qu’un Big Mac sans sauce. Car c’est un fait, regrettable certes: même les chansons Disney ont plus de charisme et de puissance que n’importe quel titre de ces deux nouveaux opus…

Après avoir déçu avec les très insipides The Scarecrow (précédent album d’Avantasia aux saveurs plus pop-rock calibrée radio que metal, qu’on oubliera très vite) et Tinnitus Sanctus (ou ce qui reste d’un Edguy en perte de vitesse depuis des années), revoilà Tobias Sammet plus en forme que jamais avec deux sorties simultanées: Angel of Babylon et The Wicked Symphony, qui font donc suite à… The Scarecrow (tout d’un coup, je le sens pas…).

Angel of Babylon The Wicked Symphony

La question se pose dès lors: était-ce bien nécessaire?

…Oui, vous avez bien entendu: DEUX albums d’Avantasia d’un coup. Bien sûr, on pourrait se dire qu’il n’est pas bien difficile de faire mieux que The Scarecrow, surtout quand on connaît les deux premiers opus, bien moins ennuyeux que leur suite, vestiges d’une époque où Tobi était véritablement inspiré et savait nous entraîner dans des mélodies accrocheuses et puissantes -bien sûr, c’était parfois un peu pompeux voire « freedom callesque » mais c’est aussi le genre qui veut ça. On se souvient des sonorités celtiques de « Farewell » avec Sharon den Adel ou de l’incroyable « The Final Sacrifice » sur le deuxième opus, contrastant efficacement avec le chant disneyien cheesy de « Inside », qui nous montrait une face plus agressive de Tobi qui n’était pas pour nous déplaire. Autant de bons souvenirs qui nous font regretter le vrai Avantasia, celui du début en 2000-2002, à l’époque où les albums suivaient encore une histoire selon le concept du « metal opera », où un chanteur différent incarnait chaque personnage avec brio.

Mais voilà, depuis « The Scarecrow », rien n’est plus pareil. Exit le scénario et le thème fantasy, bonjour le pop-rock indigeste rabattu 1000 fois, digne des pires groupes alternatifs-indie-mainstream à la mode de ces dernières années, aucune puissance, aucune originalité, autrement dit une musique de supermarché idéale, indigne d’un label comme Nuclear Blast qui a pourtant toujours misé sur la qualité de ses artistes.

Bokusatsu Tenshi Tobi-chan, la musique qui tue!
Bokusatsu Tenshi Tobi-chan, la musique qui tue!

Les deux premiers albums d’Avantasia étaient des références dans leur genre. Or, ces dernières années, l’inspiration musicale du frontman d’Edguy semble s’être dégradée en même temps que sa coupe de cheveux, les promoshoots émo-risibles et lissement photoshoppés lui permettant presque de rivaliser avec Gackt dans ce domaine – et cachant décidément bien mal le manque de créativité flagrant de ces opus et l’écoute laborieuse qui en découle, rendant ces albums plus que dispensables. Avec le recul, je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai décidé de donner leur chance à Angel of Babylon et The Wicked Symphony… C’est lourd, poussif, insipide, et à peine le CD glissé dans la platine, on commence à percevoir ce qui nous attend… car l’indigestion est palpable dès les premières notes: quelques secondes d’écoute nous suffisent pour dire que non, ce ne sera pas pour cette fois, oui, le Tobi talentueux qu’on connaissait est bel et bien mort et enterré… Une impression qui, hélas, ne sera pas contredite par l’écoute complète de l’album, qui s’apparente d’ailleurs à de la torture pour qui s’attend à une once de mélodie entraînante ou de power metal pur jus: vous n’en trouverez pas, ces ingrédients ayant été remplacés par une bonne dose d’ennui chronique qui fait qu’à aucun moment, une composition ne sort du lot.

D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, les deux albums sont impossibles à écouter d’une traite. J’ai dû m’y prendre à 3 ou 4 fois, espérant tout de même (il faut bien une motivation, car je ne suis pas masochiste, hein) trouver à un moment donné LA perle, LE titre qui sauverait un tant soit peu ces opus des gouffres de l’enfer… mais si vous espériez échapper à la damnation, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Néanmoins, ces chansons ne sont pas totalement inutiles: si vous avez l’habitude de vous endormir devant un épisode de Derrick, l’effet sera sans doute plus rapide à l’écoute de Angel of Babylon et The Wicked Symphony: un somnifère auditif de première efficacité (attention toutefois, des effets indésirables tels que nausées, migraines ou vomissements ne sont pas à écarter).

Le pire dans tout ça, c’est que la production ultra-léchée de Sascha Paeth ne sert à rien, pas plus que les guests de première classe (Klaus Meine des Scorpions, Jorn Lande ou Michael Kiske, rien que ça) qui même en usant de leurs qualités vocales indéniables, ne parviennent pas à donner un quelconque attrait à ces titres. Il faut dire que la tâche est ardue… que dis-je, impossible même pour ces dieux du metal, ce qui donne déjà une petite idée de l’ampleur du désastre.

Finalement, la seule chose relativement « réussie » ici, ce sont les pochettes, plutôt jolies (enfin, surtout Angel of Babylon, en fait). Néanmoins un peu trop photoshoppées à mon goût et aux couleurs un peu saturées -c’est la mode de la fin des années 2000 qui veut ça-, mais heureusement bien moins ridicules que les dernières photos de Tobi depuis The Scarecrow. Finalement, les nouveaux Avantasia, c’est un peu le contraire du nouvel album de Rhapsody: des pochettes potables pour camoufler une bouillie sonore fadasse, répétitive et ennuyeuse qui ne parvient même pas à être un papier peint sonore de qualité tant tout cela irrite les oreilles au plus haut point. Lorsqu’on sait de quoi Tobi est (était?) capable, même s’il reste malgré tout un excellent chanteur, c’est impardonnable.

Moralité: une bouse dans un écrin doré reste une bouse, des chansons de merde jouées par des musiciens prestigieux et dotées d’un bon visuel n’en restent pas moins des chansons de merde. Un point c’est tout.

Le digipack collector réunissant les deux albums, une belle arnaque.
Le digipack collector réunissant les deux albums, une belle arnaque.

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