2010, l’année de la NES!

Je vous parlais tantôt de ma commande passée sur Retrozone au sujet de jeux NES « récents », c’est-à-dire programmés par des retrogamers rebelles dont le coeur baigne dans les oldies (un peu comme moi, sauf que mes connaissances en programmation avoisinent le zéro…) Comme je l’écrivais avec enthousiasme dans le post en question, j’ai craqué. Plus exactement pour Battle Kid: Fortress of Peril, un jeu sorti il y a quelques mois à peine et qui s’était bien vite retrouvé en rupture de stock, obligeant Retrozone à produire de nouveaux exemplaires pour le plus grand bonheur de ceux qui n’avaient pas pu se procurer ce blockbuster 8-bit à temps. Entièrement réalisé par une seule personne, Sivak, qui s’occupe à la fois de la programmation en assembleur, des graphismes et des musiques, Battle Kid: Fortress of Peril est le premier jeu de plate-forme à faire honneur au mange-cartouches de Nintendo depuis 15 ans: une vraie renaissance! Il est vrai que jusqu’alors, dans son catalogue d’inédits, Retrozone proposait surtout des jeux de réflexion, certainement plus simples à programmer mais à l’intérêt variable: z’êtes gentils les gars, mais j’ai pas besoin d’une NES pour jouer au Sudoku… Bref, Battle Kid ne joue pas vraiment dans la même cour. Quelques chiffres pour vous en rendre compte: le jeu propose pas moins de 550 tableaux, 30 types d’ennemis différents, 8 boss et 5 niveaux de difficulté. Il se déroule dans un univers futuriste qui rappelle agréablement Megaman ou même Metroid. Avouez-le, il y a pire.

Alors bien sûr, sur Internet, il arrive souvent des imprévus. Tandis que je pestais intérieurement contre le montant des frais de port internationaux pour un misérable bout de plastique (14$ pour l’Europe quand même), je me dis tant qu’à faire, autant regarder ce qu’ils ont en rayon, des fois que je trouve une perle qui me permette de rentabiliser un peu tout ça, puisque je ne risque pas de repasser commande de sitôt… Entre le sudoku et les cartouches PowerPak à 135$, je suis tombée sur Mystic Pillars, une sorte de version NES de Columns, programmée par le même Sivak. La vidéo preview de NESguide m’ayant bien alléchée, j’ai donc validé la cartouche rouge tandis que le port, lui, ne grimpait pas (trop élevé déjà sans doute).

Bref, j’ai passé commande. Comme vous pouvez l’imaginer, je me languissais de pouvoir essayer tout ça sur ma NES fraîchement nettoyée et remise à neuf, non sans un peu d’appréhension quant aux séquelles de la chirurgie infligée aux entrailles de la bête le mois dernier (je parle du dézonage qui a viré au cirque, pas du connecteur, lui va très bien). Je ne l’avais pas touchée depuis, lui préférant sa petite soeur 16-bit et Tetris Friends (honte à moi). La semaine dernière, alors que je ne l’attendais pas si tôt, ne voilà pas que je reçois un carton tout détrempé, plus humide que la forêt amazonienne et rongé par l’eau sur tout un côté. J’ai peur.

Heureusement, les p’tits gars de Retrozone s’y connaissent en emballage et comme une bonne vieille blague bien connue, je retrouve une boîte dans la boîte, pas mal trempée elle aussi, et à l’intérieur du papier à bulles enveloppe soigneusement les trésors rétro tant attendus. Je sors les cartouches: elles sont un peu humides certes, mais intactes.

Voici exactement ce que j’ai reçu:


Je maudis le flash pour toutes ces photos ratées.

A défaut d’une boîte en carton qui augmenterait le prix un peu inutilement, tous les jeux Retrozone sont vendus avec un cache-poussière. Battle Kid possède même sa notice imprimée en couleurs, qui présente les ennemis, les boss et les items du jeu. Sympa. L’artwork de la cartouche, quant à lui, semble avoir été mis à jour depuis la première version (comparez avec celui de la notice: il fait plus pro).

Les cartouches sont respectivement rouge et verte, transparentes et entièrement neuves (amusant, Retrozone précise bien qu’aucune cartouche NES n’a été blessée dans la fabrication de leurs jeux… une cartouche NES blessée, ça donne ça, et elles sont plutôt résistantes les bougresses! :P) Mieux, elles sont universelles, grâce à la présence d’une puce Ciclone qui garantit la compatibilité avec toutes les NES (PAL A, PAL B et US). On la voit très bien, c’est cette petite puce tout à gauche de la cartouche… Zonée ou pas, votre NES lira donc tous les jeux Retrozone sans problème, tranquille Emile!

Et là (transition dramatique), ma vie allait basculer.

J’étais sur le point de tester la petite merveille que je tenais entre mes mains… C’est alors qu’un geste incroyablement familier, dont la pratique s’était perdue dans des temps immémoriaux remontant au millénaire écoulé, devait se mettre à réveiller d’antiques et délicieux souvenirs chez notre nintendophile tarée… Soulever le capot, merveilleux! Glisser la cartouche dans le chargeur… excitant! Descendre la cartouche: quel pied! Quelles sensations mes amis! Comment se croire encore en 2010 lorsqu’on accomplit ce geste prélude au bonheur total, à la plénitude vidéoludique que l’on croyait anéantie depuis la PlayStation et l’ère 3D qui ont altéré jusqu’au sens premier du mot jeu! Je suis complètement envoûtée, j’aime ma NES jusqu’à la psychose et je prie pour qu’elle soit guérie, qu’elle fonctionne, qu’elle MARCHE enfin! Mon doigt tremble tandis que j’enclenche fébrilement le bouton POWER, une led rouge s’allume et c’est alors que…

MIRACLE! Les Dieux du Jeu Vidéo m’ont entendue! Le redressage du port cartouche fut salutaire et ma boîte à rêves me remercie! Merci Mr. Miyamoto! Merci Internet! Merci à toi petit tournevis qui a changé ma vie à jamais! Holy fuck, I’m back to the eighties!

Ah, ce bon vieux son d’onde carrée, merveilleux! On se croirait au paradis! Et un écran-titre NES avec un copyright 2010, n’est-ce pas le must de la coolitude? Oh non, ma jolie manette est pleine de bave… Jabba le Hut, sors de ce corps!

Voici donc mes premières opinions. Je vais faire court, car j’ai prévu de tester les deux jeux ultérieurement 8)

BACK TO THE PAST PART I: BATTLE KID -FORTRESS OF PERIL


Au premier plan: une NES qui marche, ô sublimissime vision rétro hélas trop rare… A l’arrière-plan: une zoulie forêt, et des ennemis rigolos.

Battle Kid donc. Après une scène d’intro très oldies façon Megaman, sympatoche mais un peu longuette, première bonne surprise: le gameplay est excellent! Rapide et fluide, le jeu est un vrai bonheur à manier. Les musiques sont entraînantes et collent bien à l’action. Seulement voilà, le jeu est difficile. Cela s’explique par le fait que vous n’avez aucun droit à l’erreur. Traduction: vous vous faites toucher une fois, vous êtes mort. Même en mode facile, oui. Et comme on peut s’y attendre, c’est terriblement frustrant


Là, je viens d’exploser un cyclope, ou plutôt un oeil sur pattes. Admirez ce qu’il en reste. Timmy ne fait pas de cadeau!

Une barre de vie n’aurait donc pas été de trop. C’est le (gros) point faible du jeu. Heureusement, un système de mot de passe est inclus. Le contraire aurait quand même été un comble!

Et puis, il y a quelque chose dans ce jeu qui m’a traumatisée. J’ai en effet eu le malheur de tester tous les modes de difficulté, et il y en a un que je n’aurais pas dû voir… preuve supplémentaire que la curiosité est un vilain défaut…

Alors voilà… Pour vous montrer à quel point l’auteur de ce jeu est cynique, je vais maintenant vous dévoiler le déshonneur suprême: comme si jouer en mode facile n’était déjà pas suffisamment humiliant, il faut en plus que Timmy se voit affublé d’une armure ROSE! Mon Dieu, comme Shun dans Saint Seiya! C’est pas humain… ‘fin bref, vous allez vouloir jouer en mode normal c’est moi qui vous le dis…


Un châtiment bien cruel (et douloureux pour les yeux)

Je vous reparlerai très certainement de Battle Kid, puisque j’ai prévu d’en faire un test une fois que j’aurais exploré le jeu plus en profondeur. Pour l’instant, je me fais systématiquement désintégrer au même endroit et c’est très frustrant. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot…

BACK TO THE PAST PART II: MYSTIC PILLARS

Voilà enfin le Columns de la NES! Et qu’on se le dise, il roxxe bien plus que son confrère sur Megadrive/Master System/Game Gear! Je ne spoilerai pas, car le test va venir très très bientôt… Ce jeu est en train de devenir ma nouvelle drogue, c’est inquiétant. D’autant plus préoccupant qu’il est presque aussi addictif que la Déesse (enfin, y’a pas de fleurs… mais y’a des fruits:)


Ca c’est la version « fruits », pour les amateurs. Si c’est pas votre truc, y’a d’autres sets…

Voilà ce que je peux dire pour l’instant sur ces jeux qui sont de vraies bonnes surprises (bon, j’ai hâte d’avancer un peu dans Battle Kid et de me frotter aux boss, mais pour l’instant le jeu me plaît c’est certain). Les tests respectifs suivront sous peu. Et si vous rêvez de cartouches qui passent du premier coup, ça tombe bien, je prépare un tutoriel qui devrait vous permettre de rejouer à votre vieille NES sans problème. Ca a fonctionné nickel pour moi. La vie est belle n’est-ce pas?

Pour les intéressés, Battle Kid: Fortress of Peril coûte 30$, et Mystic Pillars 25$. Site de Retrozone ici (mais non, je leur fais pas de pub! Enfin si, mais seulement parce que je le veux bien!)

Bonne soirée aux vieux pixelophiles qui pleurent devant leur écran en lisant ces lignes (ou qui, comme moi, bavent devant leur mange-cartouches vrombissant fraîchement réparé).

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2 commentaires pour 2010, l’année de la NES!

  1. joss dit :

    Lol tu me fais rire. Mais AAAAAAAAAAAAAAAH elle marche T_T. Vite le tutoriel… viiiiiiiiiite!!! mdr.

  2. Kurby'S dit :

    Excellent sujet j’ai adoré te lire🙂

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